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www.Bamako-culture.org est magazine qui vise un meilleur rayonnement culturel de notre capitale. Bamako est un véritable carrefour de cultures mais comment s’y retrouver dans autant de trafic ? Comment localiser un lieu, un contact ? Etre au courant des événements ou des nouveaux produits culturels ? Comment en savoir plus sur des artistes maliens ? Etc. Ces pages se veulent non seulement une vitrine de créativités mais aussi une plate-forme d’échanges pour les acteurs culturels en faveur d’une dynamique de coopération. Notre magazine entend démontrer que la capitale du Mali est une ville de culture contemporaine et de traditions. Ses rubriques vont se développer et se dynamiser au fil des projets et des rencontres. Il ne tient qu’à vous de nous y rejoindre… |
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Litterature |
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2ème édition de la Rentrée littéraire au Mali 9-12 février 2010 : L’Archer Bassari ou la chronique d’une anomie annoncée dans les pays de Sahel En cette première décennie du vingt et unième siècle, le monde gémit sous le poids des déchets (principalement les déchets toxiques) et étouffe sous l’effet de serre (le réchauffement climatique).Or, malgré toutes les campagnes médiatiques orchestrées autour du sommet de Copenhague (du 7 au 18 décembre 2009), le rendez-vous planétaire fut un cuisant échec. C’est alors que nous nous sommes rappelé le roman publié par Modibo Sounkalo Kéita, en 1984 à Paris, aux Éditions Karthala. Son intérêt réside aussi bien dans l’utilisation habile du roman policier que de la critique des mœurs politiques.
Comme l’auteur de L’Archer bassari, tous ceux qui ont choisi cette technique narrative savent qu’elle convient bien à la relation des événements dramatiques et qu’elle sert généralement à la dénonciation des crimes économiques (vols, détournements) et des crimes de sang (meurtres). La composition dramatique ou en symphonie Le suspense débute lorsque nous voyons un archer flécher successivement des personnalités du monde des affaires et de la politique, semant ainsi la panique dans les quartiers résidentiels et au grand dam de la police, à moins qu’il n’ait bénéficié de certaines complicités son sein de cette dernière. La baisse de l’intensité narrative survient avec le dénouement qui permet de savoir que l’archer a agi plus en justicier qu’en meurtrier. Les étapes du récit Au lieu d’utiliser la narration linéaire qui aurait donné les étapes N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, la technique du roman policier a conduit l’auteur à agencer les étapes N° 5, 1, 2, 3, 4, 6. Cette technique a été habilement exploitée par des noms célèbres du roman policier européen et américain : Agatha Christie, Georges Simenon, Peter Cheyney, Chester Himes etc. Importance du roman policier Le roman policier convient bien à la dénonciation des faits sociaux graves et d’une grande complexité. Modibo Sounkalo Kéita rapporte sur le mode fictionnel des faits réels. Ce qu’il a dénoncé recoupe les témoignages sur la commission de crimes politiques que nous retrouvons par exemple dans Prison d’Afrique de Jean Paul Alata, sans oublier les crimes économiques dont la nature scandaleuse a été révélée entre autres par Pierre Péan dans L’Argent noir. La critique des mœurs politiques Le Sahel : un mouroir qui n’émeut plus nos dirigeants L’auteur se réfère au cycle de sécheresse qui a ravagé les pays du Sahel, de l’Océan Atlantique à l’Océan Indien, englobant la Gambie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la Somalie, le Soudan, l’Ethiopie, Djibouti, sans oublier les franges nord du Nigéria et du Cameroun. Les dirigeants de ces pays continuent à fermer leurs yeux et à boucher leurs oreilles tandis que s’amoncèlent les cadavres humains et les squelettes de bétail sur un sol craquelé et sous un soleil implacable. Les scènes hallucinantes dont l’auteur a été témoin Alors qu’il était journaliste à Radio Mali, dans la section « Animation rurale », Kéita avoue avoir été témoin de ces ravages épouvantables causés par la sécheresse de 1970 à 1975. Aucun pays du Sahel n’a été épargné. L’auteur a constaté qu’à cause du réchauffement climatique, la désertification s’est accentuée dans l’immense étendue au sud du Sahara, déroulant le spectre d’une sécheresse persistante. Ses dires sont corroborés par ceux d’autres écrivains francophones tels que Cheik Aliou Ndao qui a publié Le Marabout de la sécheresse (1979) ; Mandé Alpha Diarra à qui nous devons Sahel, sanglante sécheresse (1981) ou encore Cheikh Sow auteur de Cycle de sécheresse (1983). Les milliards de la sécheresse détournés La misère et la désolation qui ont frappé les populations sinistrées ont attiré sur elles un élan de solidarité internationale. Mais, les pouvoirs publics ont profité de la misère généralisée par la désertification dans les pays du Sahel : sans vergogne (en imaginant des méthodes frauduleuses et sans état d’âme), ils se sont mis à détourner l’aide humanitaire pour s’enrichir en laissant mourir de lentes agonies ceux à qui un tel secours était destiné, notamment dans le monde rural. Ainsi, les vivres et l’argent envoyés en don au titre de l’aide humanitaire ont plus servi à « engraisser » les gouvernants qu’à perfuser les gouvernés, surtout dans les zones dénudées et désertées. On se rappelle le souffle d’indignation soulevé dans l’opinion publique au Mali par ce pillage généralisé de l’aide alimentaire et qui a fait construire par certains dirigeants des « châteaux de la sécheresse ». Le réchauffement climatique : bilan et perspectives Si Kéita et d’autres romanciers ont fustigé ces agissements coupables, c’est parce qu’ils sont érigés depuis longtemps en matière de programme de gouvernement par les dirigeants des pays du Sahel et de l’Afrique noire en général. L’Archer bassari a été publié il y a plus de vingt-cinq ans et pourtant le sujet est encore aujourd’hui d’une brûlante actualité. Kéita n’est pas le seul à avoir traité ce sujet. Mais, plus les témoignages se multiplieront sous la plume des romanciers et d’autres auteurs, plus vite les consciences seront sensibilisées. D’ailleurs, l’échec du sommet de Copenhague nous a fait comprendre que le réchauffement climatique risque encore de s’accentuer et il faut craindre qu’il y ait à déplorer des milliers d’autres cadavres en Afrique subsaharienne. Abdoulaye Berté IFE / Faculté des Lettres Université Cheikh Anta Diop de Dakar Abdoulaye Berté développera ce thème en conférence lors de la rentrée littéraire. L’Essor du 01 Février 2010.
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